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 Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...

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Revak
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MessageSujet: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Mar 6 Juil - 3:25

Oui, ça m'arrive souvent, j'écris un truc, et je l'abandonne après le prologue...
Bref, mon plus récent serait l'histoire officielle de Revak Arahn, car j'en ai plein de versions différentes -_-...
Voilà donc le prologue de son histoire...


Il fallut des semaines à la troupe pour atteindre leur destination: un petit village perdu au milieu des montagnes. À ses devants, Garn, leur chef pour cette mission, ruminait de sombres pensées.
-Une urgence, avait dit son supérieur, alors qu'il était encore au quartier général, ces bêtes sauvages terrorisent les villageois, puis ça vous fera dégourdir les jambes, après tous ces jours de repos!
Il avait ri devant . Jurant dans sa barbe naissante, Garn fit faire une pause à son groupe, une vingtaine de soldats de milice.
Garn n'aimait pas sa profession. en ces heures de paix, le devoir de la milice consistait à patrouiller sur les routes et villages, ces derniers ayant eu la manie de les appeler au moindre «signe» étrange. Le devoir de Garn était donc de marcher sans arrêt sur toute la moitié nord du Jeldarii. La milice ayant oublié toute idée de menace ou de discipline, presque tous les soldats étaient venus avec, pour seul signe de leur profession, leur épée, oubliant armure et bouclier.
-Si j'avais su qu'il faudrait marcher autant, j'aurais évité d'amener mon armure complète! maugréa l'un d'eux à côté de lui.
Garn approuva d'un signe de tête en voyant celui-ci souffler comme un buffle.
-Je t'avais pourtant prévenu que la route serait longue...
-...Mais pas qu'on passerait par des chemins boueux, des forêts, des collines, des montagnes et j'en passe! Ce n'est pas pratique de traverser une rivière avec des bottes de fer. Et surtout j'ai cette put...
-Arrête de te plaindre, Jodd, nous ne sommes plus qu'à quelques heures de marche du village, rétorqua Danea, l'une des seules femmes du groupe, qui était composé d'une vingtaine de miliciens.
-J'ai hâte!
Et ils poursuivirent leur route sous les jurons répétés du guerrier en armure, Jodd.
Ils arrivèrent alors que le soleil se couchait, et furent accueillis par plusieurs dizaines de villageois armés de fourches, de pelles et de couteaux.
-Quel accueil... est-ce si grave que cela? demanda discrètement Danea à Garn.
-On m'a parlé de bêtes sauvages, rien de plus... répondit-il.
Alors qu'il fut bien évident pour les villageois qu'il s'agissait des renforts qu'ils avaient demandé, ceux-ci s'éparpillèrent petit à petit, et retournèrent à leurs occupations.
-Est-ce là l'accueil que vous offrez à vos protecteurs? dit Garn devant celui qui semblait être le chef du village.
-Les Démons nous menacent! Six de nos gars sont morts à cause de cette créature, et nous serons les suivants si vous faites rien!
-Les... démons? répéta la femme du groupe, incrédule.
Les soldats se regardèrent entre eux, certains inquiets, d'autres pliés de rire.
-Oui, m'dame! répondit un vieil homme, des démons, avec des yeux ardents comme les Enfers d'où il viennent! Mais j'pensais qu'on nous prendrait au sérieux, pour une fois!
-Très bien. Merci de nous avoir prévenu, dit Garn afin de couper court aux rires de ses compagnons. Venez, dit-il au groupe en faisant un signe de la main.
Ils se regroupèrent autour de leur chef.
-Si ça se trouve ce sont des Valkreds... Si nous arrivons à les tuer, nous deviendrons célèbres... À nous la promotion et la gloire!
-Où est la gloire de mourir déchiqueté par des créatures monstrueuses? rétorqua Jodd, qui enlevait son haubert. Après tout, si ce sont des Valkreds, selon l'histoire, ils sont aussi grands que deux hommes et sont bâtis tout en muscle, avec des crocs acérés... Et on ne sait même pas combien ils sont! Ou pire, cela pourrait être un Varehn...
Il ne s'empêcher un frisson en évoquant ces créatures nécromanciennes.
-Ils n'ont tué que quelques paysans, est-ce qu'ils pourront avoir une vingtaine de miliciens entraînés?
-Z'avez l'air sûrs de vous, dit une voix non loin d'eux.
C'était un des habitants du village, un homme dans la fleur de l'âge, avec un arc et un carquois dans le dos.
-Allons, si ça se trouve ce ne sont peut-être même pas des Démons... répondit Jodd tout en enlevant son heaume.
-Ça s'voit que vous nous prenez pas au sérieux. J'ai réussi à fuir ces monstres, mais je suis revenu après pour voir ce qu'il restait des morts, et ce n'était pas très beau à voir: si vous aviez vu les cadavres en décomposition, à moitié rongés par...
-Ça suffit, coupa Garn. Nous irons les tuer, un point c'est tout.
-Ou pas, répondit le villageois en haussant les épaules. Quoi qu'il en soit, on m'a choisi pour vous guider là où a eu lieu le carnage, demain.
Il partit en laissant la troupe silencieuse.
-Ah! Enfin libre! dit Jodd quand il enleva ses bottes en fer qui commençaient déjà à rouiller. Je me sens déjà plus léger!
-Alors, que faisons nous? demanda la milicienne.
-Je pense que c'est évident: nous partons à leur recherche dès demain, nous les tuons, et nous amenons une preuve de nos exploits au quartier général, répondit Garn, en posant ses affaire par terre.
-A nous la gloire et la fortune! dit Jodd, non sans ironie.


Ils se levèrent avant le lever du soleil, et partirent dans la forêt, guidé par le villageois qui avait survécu aux démons. Ils arrivèrent au lieu du carnage. Il restait peu de choses des six hommes: quelques os éparpillés par les animaux de la forêt jonchaient le sol. «Ils ne sont même pas allé récupérer leurs cadavres, tant ils avaient peur d'y retourner...» comprit Garn avec dégoût.
-Là, une trace! cria Jodd, en s'accroupissant. Il y a même encore du sang!
En effet, sur la terre, des traces sombres se formaient. Lorsque Jodd voulut toucher ces traces de sang, il retira vivement sa main, et, la regardant, constata avec étonnement qu'il avait reçu une brûlure.
-C'est du sang de démon, on dirait... ce qui veut dire que la créature est blessée, répondit la guerrière.
Ils suivirent la piste pendant quelques heures, jusqu'à ce qu'ils fassent une pause dans une petite clairière près d'un ruisseau.
-Je pense que ça ne sert à rien de chercher, se plaint Jodd, après tout, nous suivons la trace que d'une seule créature, je n'ai vu des traces de pas que pour une personne...
-Nous n'arrêterons pas les recherches avant de l'avoir trouvé, alors: s'il est seul, ou même mort, c'est encore mieux, nous pourrons dire que nous les avons tous tués, sans même combattre!
-Comme tu voudras, chef... répondit-il en soupirant.
Ils continuèrent jusqu'en soirée, lorsqu'ils aperçurent un homme, assis par terre, la tête baissée. Du sang séché maculait son corps et le sol autour de lui.
-Pour un démon, il n'a pas l'air bien en forme, remarqua Jodd.
En effet, l'homme était en haillons, et le sang tout autour de lui laissait suggérer qu'il était proche de la mort, mais il était loin d'être la créature massive que s'imaginait Garn. Une dague étrange était posée à côté de lui. Mais des proéminences étaient placées sur son front, et sa peau très mate prouvait qu'il n'avait rien d'un être humain.
-Comment a t-il pu aller aussi loin avec des blessures pareilles? dit la femme du groupe, une pointe de pitié dans la voix.
Sans doute à cause des bruits de pas, l'homme se réveilla et leva la tête. Les soldats s'arrêtèrent brusquement, regardant avec effroi ses yeux à présent ouvert, entièrement noirs. Il se leva, et prit l'arme.
-Halte-là! cria Garn lorsqu'il sortit de sa torpeur.
La créature ne l'écouta pas et courut dans les arbres. La vitesse à laquelle il courrait les surprit, mais le villageois qui les avait guidé avait armé son arc et s'apprêtait à tirer. La flèche ne toucha pas sa cible, de peu, mais le démon se retourna et regarda son assaillant d'un regard glacial et sévère, de ses yeux entièrement noirs, qui figea toute la compagnie, l'empêchant de réagir immédiatement.
Puis il s'enfuit, dans les ténèbres grandissantes de la nuit tombante. La troupe ne prit pas la peine de le poursuivre, tant il courrait vite.
-Il n'était pas blessé, ou en tous cas il ne l'est plus... dit Garn en s'approchant du lieu où était assis le démon. Il vit un nombre impressionnant d'insectes morts tout autour de la flaque de sang.
-Devrons-nous le traquer? demanda Jodd, en rangeant son arc.
-Faisons le camp ici, mais demain, nous retournerons à sa recherche. Il ne s'en tirera pas comme ça.
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MessageSujet: Re: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Mer 7 Juil - 17:51

J'aime. C'est quand même plutôt complet, mais tu es sûr que c'est une prologue, pas plutôt un premier chapitre ? Enfin bref, bonne continuation, garde le courage et persévère, ça pourrait devenir excellent. ;p

___________
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Revak
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MessageSujet: Re: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Mer 7 Juil - 19:47

Ouioui, c'est un prologue, m'enfin j'ai décidé que ce serait un prologue, point. fache1
J'essaierai de continuer quand j'en aurai le temps...
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MessageSujet: Re: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Mer 7 Juil - 21:36

Sympas ce petit prologue.
On avait pas déjà parler de Valkred pour je ne sais quel autre projet?
En tout cas bah, trouve la force de faire une suite. -_-
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Revak
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MessageSujet: Re: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Mer 7 Juil - 22:07

Les Valkreds sont une race bourrue vivant dans les montagnes, les humains ayant colonisé les terres proches des leurs, ils se sont rencontré, mais ne se sont jamais apprécié... (Voir le forum Ekaria)

La force oui... Je pense en avoir, mais en ce moment je fais pas mal de choses à la fois...
Et sinon, c'est "sympa"
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MessageSujet: Re: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Mer 7 Juil - 22:15

Citation :
Les Valkreds sont une race bourrue vivant dans les montagnes, les humains ayant colonisé les terres proches des leurs, ils se sont rencontré, mais ne se sont jamais apprécié... (Voir le forum Ekaria)

Naan mais j'avais pas parler de çacomme un delire de père noel? Je sais plus dans quel contexte, c'était pas dans un RP de ton forum?

Citation :
Et sinon, c'est "sympa"

Je met des S ou je veux, quand je veux, si je veux !
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Revak
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MessageSujet: Re: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Mer 7 Juil - 22:24

Citation :
Je met des S ou je veux, quand je veux, si je veux !
T'es méchant -_-.

Et sinon je ne me souviens pas avoir parlé de Valkred dans un délire de père noël dans un RP de mon forum.
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MessageSujet: Re: Le prologue qui ne verra p'têt pas de suite...   Lun 19 Juil - 4:31

12 jours après, j'ai le droit de faire un up?
Bon bah tant pis... Voilà la suite , le premier chapitre...

Premier chapitre




Éliana Eowel se leva avant le soleil, réveillée par le froid. De nombreux trous et cailloux, sur la route, faisaient légèrement trembler la grande caravane de transport dans laquelle elle avait dormi. Sa mère, à côté d'elle, lui tendait une tasse de thé fumant.
Elle s'assit sur le banc où elle avait dormi, et prit la tasse en hochant la tête pour la remercier.
Elle but un peu, et regarda sa mère.
-Où sommes-nous maintenant?
-Nous avons parcouru une bonne partie du chemin, lui répondit-elle après avoir longuement baillé. Nous approchons de la Brume. Nous ne devrions plus tarder à arriver à Rimogenn.
Éliana soupira de soulagement.
-C'est pas trop tôt!
Cela faisait longtemps qu'elle voulait voir cette ville, très connue pour le lac du même nom dont les eaux sont étonnamment et agréablement chaudes et dont la région alentour est, il paraît, constamment couverte d'une étrange brume épaisse.
après avoir bu, elle posa sa tasse sur une table, s'étira, et regarda par une petite fenêtre de la caravane marchande. Le temps était gris, mais il ne pleuvait pas. Elle se dirigea donc vers l'avant de la caravane, là où son père dirigeait les chevaux, son habituelle pipe coincée entre ses dents.
-Bonjour, père.
Zythar Eowel se retourna et sourit en voyant sa jeune fille.
-Bonjour, Éliana, bien dormi?
Cette dernière soupira, et Zythar rit de bon coeur.
-Allons, nous ne devrions plus tarder à voir le lac, comme tu le souhaitais!
Cette phrase égailla Éliana qui était pourtant d'un naturel bougon. Elle retourna dans la caravane et s'assit tranquillement devant un miroir afin de se coiffer, impatiente d'arriver.


Quelques heures plus tard, une brume épaisse fit petit à petit son apparition; ils étaient presque arrivés.
Rimogenn, afin de se faire repérer, possédait un immense phare que pouvait se voir de loin même à travers l'immense et épais brouillard qui l'entourait. Cependant, l'hiver, la Brume disparaissait, révélant une région de marécages triste et plate.
Ainsi, aucun voyageur ne pouvait se perdre dans les environs de la cité, même s'il ne suivait pas la route. Mais le problème résidait surtout dans les attaques de groupes de hors-la-loi, qui étaient nombreux et profitaient de la discrétion donnée par la brume, d'autant plus que la ville est très fréquentée des hommes riches cherchant à profiter des bains relaxants du lac et des marchands, attirés par la ville comme un prédateur par sa proie.
C'est ainsi que les trois caravanes de la famille Eowel, une riche famille marchande, suivaient la route vers la cité, accompagnés de quelques gardes mercenaires.
Zythar espérait que cela suffirait. Il n'était pas homme à manquer de courage, et n'avait pas hésité à aller à Rimogenn accompagné d'une escorte réduite, avec trois caravanes remplies de tissus soyeux, de vêtements et de sa famille: sa femme et sa fille. Il avait envoyé des éclaireurs afin d'essayer de prévenir toute attaque, mais il savait que les brigands de la région n'étaient pas des idiots, et qu'ils ne tarderaient pas à arriver. Mais maintenant, il ne pouvait qu'avancer, en priant pour passer inaperçu.
Mais ce qui devait arriver arriva.


-Aerik! Le convoi approche, et il devrait arriver dans quelques minutes. Il n'est escorté que par quelques mercenaires... Mais il y a plus intéressant.
Aerik leva une oreille, intrigué par ce qui pouvait être plus intéressant que deux caravanes de marchandises.
-La famille est au complet dans la caravane de transport, dont une jeune femme et sa mère, sans doute. Je crois qu'elles devraient te plaire...
Aerik ne put s'empêcher de ricaner. En tant que hors-la-loi, il avait rarement le droit de s'amuser, alors trouver deux femmes, correctes qui plus est, dans la même caravane... Sans parler des servantes qui doivent les accompagner!
Qui plus est, les marchands se montraient de plus en plus prudents, évitant la route et s'escortant avec de plus en plus de mercenaires. Ces derniers temps, ses hommes et lui n'avaient pas eu de chance, ayant perdu de nombreux hommes dans ce qui ne devait être que de simples embuscades. De plus, les caisses se vidaient, et l'hiver était proche.
Oui, ces caravanes allaient les ravitailler, et juste à temps.
-Jagen, je suis de plus en plus impatient de le voir, ce convoi!


Sur le chemin pavé, une étrange forme gisait, à quelques pas de la première caravane.
-Halte! Vous deux, venez avec moi.
Le capitaine des mercenaires avança vers ce qui se révéla être un cadavre. Étant sur le dos, il ne pouvait pas bien le voir, mais il reconnaissait facilement l'uniforme de sa troupe.
Quelques longues secondes passèrent, parmi lesquelles l'homme ne bougeait pas. Il entendit le bruit des flèches transperçant l'air, puis des cris juste derrière lui. Il se retourna vivement et vit les deux hommes qui l'avaient accompagnés, chacun portant une flèche précisément plantée dans le cœur.
Il courut en direction des caravanes et de ses hommes, criant pour donner l'alerte, mais il était déjà trop tard: ses hommes se faisaient tuer dans un vol de flèches. Le capitaine observait toute la scène, mais n'était pourtant la cible de personne. Il entendit un bruit derrière lui, celui de pas sur les pavés de la route. Il se retourna vivement et dégaina son épée, mais n'eut pas le temps de parer que sa tête se détacha de son corps, corps qui mit quelques lentes secondes avant de s'écrouler sur lui-même.


Éliana entendit du bruit, dehors. Curieuse, elle se leva et alla voir son père, ouvrant la portière qui menait à là où il conduisait les chevaux.
-Père? Quel est tout ce bruit, de...
Elle se tut subitement, voyant que son père haletait de douleur. Elle se pencha pour mieux le voir et remarqua la flèche qui dépassait de son corps. Elle laissa échapper un petit cri de terreur, et tenta de trouver de l'aide à l'intérieur de la caravane. Mais soudain, la portière s'ouvrit, laissant entrer de nombreux hommes, tous vêtus de gris. Chacun portait un arc en bandoulière et une dague ou une épée courte dans la main.
Éliana étouffa un cri mais réagit immédiatement en retournant auprès de son père. Ne voyant d'autre issue, elle sauta de la caravane et tenta de courir, mais, portant une longue robe jaune et parée de bijoux brillants, elle n'avait aucun espoir de passer inaperçu.
Elle se prit les pieds dans sa robe qui se déchira et tomba. Elle entendit un des bandits qui s'approchait d'elle, et se sentit attrapée et soulevée. Elle se débattit sauvagement, mais le bandit n'hésita pas à la plaquer contre le sol, sur le ventre, afin de pouvoir lui attacher les mains.
-Désolé...
Le plaquage avait été fait avec une telle violence, une telle force, qu'elle était à moitié étourdie.
-Tu es maintenant la propriété d'Aerik, entendit-elle derrière elle, d'une voix monotone.
-Jagen, je t'avais prévenu de ne pas être trop brutal avec les femmes! C'est toi qui a tué la mère?!
-Oui, dit-il juste assez fort pour qu'il puisse entendre la réponse.
Malgré le brouillard de son esprit, Éliana venait de comprendre sa phrase, et commençait à lâcher des larmes.
-Non!
Elle se débattit de nouveau, mais ne pouvait pas bouger, coincée entre le sol et les bras puissants de Jagen.
-Ne bouge pas et il ne te sera fait aucun mal... pour l'instant.
-Non...
Elle se débattait tellement que Jagen lui administra un coup sur la tête, juste assez fort pour qu'elle s'évanouisse.


Non loin, un homme, marchant tranquillement, avait entendu la scène. Il réagit promptement et décida d'avancer discrètement, caché dans les broussailles bordant la route.
Petit à petit, il aperçut des formes sur le chemin. Et s'aperçut qu'il s'agissait de caravanes marchandes. Elles s'étaient arrêtées. sûrement pour une pause ou une roue cassée, pensa-t-il d'abord, mais les cris en provenances des caravanes annonçaient tout autre chose.
Curieux, il s'approcha encore, tout en veillant à rester caché, et vit des hommes en gris, achevant leurs ennemis, blessés par de nombreuses flèches. Plus loin, il vit une femme, bloquée au sol par un des bandits en gris.
-Désolé... lui dit-il, sachant tout de même qu'elle ne pouvait pas entendre.
Il s'apprêtait à partir, mais son estomac le rappela à l'ordre. Il n'avait pas mangé de la journée, et la chasse était très dure sur ces terres embrumées, alors s'il pouvait se servir dans les «restes»... Ce n'était pas le moyen le plus glorieux, mais ça restait le plus efficace.
Il attendit qu'ils partent, emmenant les femmes avec eux, ainsi que les deux caravanes qui contenaient les marchandises, et partirent en vitesse.
L'homme caché dans les broussailles vérifia longuement autour de la dernière caravane restante qu'il ne restait rien, et entra, sa dague au poing.
A l'intérieur, de nombreux cadavres de servants et d'hommes armés gisaient par terre, une expression de peur dans leurs yeux.
Heureusement pour l'homme, elle était intacte, et la nourriture entreposée dans les caisses avaient été en grande partie laissée à l'abandon. Ils n'avaient sûrement pas le temps de tout prendre, se disait alors l'homme. Après tout, la patrouille de Rimogenn devait bientôt arriver, lui non plus ne devait pas tarder ici...
Soudain, il s'arrêta de bouger, ayant entendu un bruit. Celui-ci venait d'à travers une portière qui menait à l'avant de la caravane, là où le cocher menait les chevaux.
Il avança avec précaution et entendit plus précisément les bruits, qui s'avéraient être la respiration saccadée d'un homme. Il rangea son arme, conscient qu'il était inoffensif, et se pencha sur le vieil homme qui tenait d'une main une flèche plantée dans sa poitrine.
Il fut surpris en voyant qu'il connaissait cet homme.
-Zythar? C'est bien toi?!
Ne pouvant pas parler sans souffrir, il inclina légèrement la tête vers le bas pour confirmer.
-Ne bouge pas, je vais t'aider.
-I... Inutile.
Comme il avait changé depuis leur dernière rencontre! A cette époque, le vieil homme blessé et avachi qui se tenait devant lui était un jeune idiot, un simple meneur de chevaux qui n'hésitait pas à foncer tête baissée dans les ennuis les plus étonnants. Sans l'homme qui se tenait devant lui, il serait déjà mort depuis très longtemps. Mais aujourd'hui, il arborait des habits riches de commerçant, contrastant avec sa jeunesse pauvre.
-C'est à toi? dit-il en regardant la caravane.
En voyant son vieil ami confirmer, l'homme sourit.
-Les choses... ont beaucoup changé depuis.
Il tenta de rire, mais tout ce qui en sortit ne fut qu'un grognement de douleur.
-Tu devrais arrêter de parler, dit-il en voyant dans quel piteux état il était. Mais le connaissant bien, et il savait qu'il ne suivrait pas ses conseils.
Soudain, Zythar se rappela d'une chose.
-Ma fille! (Il se tint fermement la flèche, la douleur s'accentuant sous la parole.)Elle est peut-être... vivante. Je l'ai vue passer... devant moi.
Revak se remémora la jeune fille en robe qui se débattait dans l'herbe. Ce devait être elle, se dit-il.
-Je crois que je l'ai vue, elle est... (il réfléchit à ce qu'il devait dire)... partie.
-Je t'en prie!
Zythar venait de lui attraper fermement le col de sa veste. Ils se regardèrent longuement, et Zythar comprit, au regard désespéré de son ami, que sa fille était en de mauvaises mains.
-Je t'en supplie... Considère ça comme une dernière volonté... Je m'en moque après tout, mais sauve ma fille... Je sais que tu en es capable.
Petit à petit, les mouvements de Zythar se firent plus lents, jusqu'à ce que, lentement, il ne bouge plus du tout. Sa poitrine s'était affaissée, laissant échapper un dernier souffle, et ses yeux ciblèrent une dernière fois devant Revak, une expression suppliante figée à jamais sur son visage tordu de douleur.
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